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BlogSanté·6 min de lecture

La marche : le traitement le plus sous-utilisé de votre corps

La marche est bien plus qu'un moyen de se déplacer. Le Dr Courtney Conley la place au niveau du sommeil et de la respiration. Voici pourquoi — et ce qu'elle révèle sur votre corps.

Vous la faites chaque jour, souvent sans y penser. Pour aller à votre voiture, traverser un couloir, faire vos courses. Vous comptez peut-être vos pas sur votre téléphone. Mais la marche est-elle vraiment juste un moyen de se déplacer ?

Le Dr Courtney Conley, podologue et spécialiste de la biomécanique du pied, pose une question qui mérite qu'on s'y arrête : et si la marche était une nécessité physiologique, au même titre que dormir et respirer ?

La trilogie que personne ne vous a enseignée

Nous connaissons tous l'importance du sommeil. Nous savons que mal respirer perturbe tout — le système nerveux, la digestion, la posture. Mais la marche ?

Le Dr Conley place la marche dans une trilogie fondamentale : sommeil, respiration, marche. Trois fonctions dont chacune conditionne les deux autres. Quand l'une dysfonctionne, les deux autres en souffrent. Un corps qui ne marche pas suffisamment ou qui marche mal dort moins bien, respire moins efficacement, récupère moins vite.

Ce n'est pas une métaphore. C'est de la physiologie.

Un remède universel que nous avons toujours sous la main

La marche est le seul mouvement qui active simultanément l'ensemble des systèmes du corps humain. Pas le vélo, pas la natation, pas la salle de sport — la marche, parce qu'elle est ce pour quoi notre biologie a été construite.

Le mouvement rythmique et bilatéral de la marche stimule le système cardiovasculaire, active la pompe lymphatique — qui n'a pas de cœur propre et dépend entièrement du mouvement musculaire pour circuler —, régule le système endocrinien, nourrit le système nerveux et entretient le système musculo-squelettique dans sa globalité.

Des études montrent que la vitesse de marche est l'un des meilleurs prédicteurs de la santé future — plus fiable que beaucoup d'indicateurs médicaux classiques. Une marche lente et hésitante à 60 ans prédit des risques accrus de déclin cognitif, de dépression, et d'une mortalité prématurée. Une marche vive et assurée au même âge est associée à une meilleure longévité, une réduction du risque de cancer et de démence, et une santé mentale plus robuste.

Nous ne marchons pas pour faire de l'exercice. Nous marchons pour rester en vie — au sens le plus littéral du terme.

Chaque corps a sa signature de marche

C'est ici que cela devient passionnant pour qui s'intéresse au mouvement humain.

Comme le souligne le Dr Conley, chaque personne possède une signature de marche unique — une façon personnelle de poser le pied, de transférer le poids, de faire pivoter le bassin, de balancer les bras. Cette signature est influencée par l'environnement dans lequel on a grandi, les chaussures que l'on a portées, les blessures passées, les traumatismes physiques ou émotionnels qui ont modifié, parfois imperceptiblement, notre façon de nous déplacer dans l'espace.

La marche est une fenêtre ouverte sur le système nerveux. Elle raconte l'histoire du corps — ce qu'il a vécu, ce qu'il compense, ce qu'il anticipe.

C'est pourquoi analyser la marche de quelqu'un est, pour moi, l'un des outils les plus précieux qui soit.

Ce que je lis dans votre façon de marcher

Quand j'observe quelqu'un marcher chez Momentum, je ne regarde pas s'il « marche bien » ou « marche mal ». Je pose des questions précises.

Y a-t-il de la rotation — cette légère torsion opposée entre bassin et épaules qui est la signature d'une marche efficace et qui protège la colonne ? Y a-t-il du momentum — cette continuité du mouvement qui permet au corps d'utiliser l'énergie cinétique plutôt que de la bloquer à chaque pas ? Comment le poids se transfère-t-il d'une jambe à l'autre — avec fluidité ou avec une chute, une hésitation, une compensation ?

Où le corps cherche-t-il de la stabilité qu'il ne trouve pas ? Où manque-t-il de mobilité pour aller au bout de son mouvement naturel ?

Nos pieds ont évolué pour absorber des charges importantes — jusqu'à deux à trois fois notre poids corporel à chaque appui. Mais cela suppose que la biomécanique d'ensemble soit respectée, et que le pied soit en contact réel avec le sol — pas isolé dans une chaussure rigide qui déconnecte toute la chaîne de ses repères sensoriels. Si tant de personnes souffrent des pieds, ce n'est pas parce que les pieds sont fragiles. C'est souvent parce que la mécanique globale au-dessus d'eux est perturbée — ou parce que les chaussures ont progressivement éteint leur intelligence.

Pourquoi j'analyse la marche avant de construire un programme

Un programme d'entraînement construit sans lire la marche, c'est un programme construit à l'aveugle. On peut renforcer, étirer, corriger — mais si le schéma de mouvement de base reste perturbé, les problèmes reviendront. Sous une autre forme, ailleurs dans le corps, mais ils reviendront.

La marche est la fondation. C'est à partir d'elle que je construis l'efficacité du mouvement — en travaillant sur la qualité de l'absorption des impacts, la distribution des forces gravitationnelles sur l'axe vertical, et la coordination de l'ensemble de la chaîne cinétique.

La vitamine W — Walking — comme l'appelle le Dr Courtney Conley, dont vous pouvez explorer le travail sur gaitinstitute.com et via ses interventions disponibles sur YouTube — n'est pas un complément à votre programme de santé. Elle en est le socle.

Vous souhaitez comprendre ce que votre marche dit de votre corps — et comment l'améliorer ? C'est exactement ce que nous explorons lors d'un bilan postural chez Momentum.

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